« C’est un redoutable prédateur » : la lutte contre le frelon asiatique s’organise, mais pas n’importe comment

"C’est un redoutable prédateur" : la lutte contre le frelon asiatique s’organise, mais pas n’importe comment

Urgence

Pourquoi le frelon asiatique inquiète autant ?

Cette espèce invasive n’est pas comparable au frelon européen. Les colonies sont plus nombreuses. On parle souvent de 1 500 à 2 000 individus contre 300 à 500 pour le frelon local. Le résultat : une pression de prédation beaucoup plus forte sur les abeilles.

Les abeilles n’ont pas toujours les bons réflexes face à ce nouvel ennemi. La prédation se déroule près des ruches. Et quand plusieurs frelons opèrent, les colonies d’abeilles peuvent être fragilisées en peu de temps.

En Bretagne, aucun département n’est épargné. La présence est désormais généralisée. C’est pourquoi des réponses collectives sont nécessaires.

Quand piéger pour être efficace ?

La période clé s’étend de début avril à fin mai. C’est là que les reines fondatrices émergent. Ce sont aussi les premières ouvrières qui apparaissent. Ensemble, elles vont commencer à bâtir la colonie.

Intervenir à ce stade vise à réduire la création de nouveaux nids. Si vous attendez trop longtemps, la colonie grossit et devient bien plus difficile à contrôler.

Piégeage : oui, mais pas n’importe comment

Il faut éviter les méthodes amateures qui font plus de mal que de bien. Les pièges « bouteille » attirent et tuent de nombreux insectes non ciblés. On observe souvent des tas d’auxiliaires et de pollinisateurs morts au fond du récipient.

Les autorités et les groupes apicoles recommandent désormais l’utilisation de pièges sélectifs (souvent appelés japonais ou coréens). Ces pièges limitent la capture d’espèces non visées et ciblent mieux le frelon asiatique.

Un Plan national de Lutte existe. Localement, des actions se déploient. En Ille‑et‑Vilaine, par exemple, des distributions de pièges sélectifs sont organisées. Mais posséder un piège ne suffit pas. Il faut l’utiliser correctement.

Comment installer un piège sélectif correctement

  • Placez le piège à proximité des ruchers si vous êtes apiculteur. Quelques mètres suffisent.
  • Hauteur recommandée : entre 1,5 et 1,8 mètre du sol.
  • Installez-le à l’abri des courants d’air. Un emplacement à l’ombre partielle est souvent plus efficace.
  • Pour les particuliers, un emplacement près d’un compost ou d’une plante très nectarifère comme le camélia est judicieux. Observez où les frelons vont, puis placez le piège à cet endroit.
  • Si un piège ne capture rien pendant une semaine, déplacez-le d’un mètre ou mettez-le dans une zone plus ensoleillée. Parfois un petit ajustement suffit.

Surveillance et bonnes pratiques

Vérifiez régulièrement vos pièges. Videz-les et neutralisez les frelons capturés de manière hygiénique. Changez ou ajustez le leurre si nécessaire. Et évitez les appâts improvisés qui attirent tout le monde.

Ne laissez pas un piège rempli de cadavres d’insectes dans le jardin. Cela nuit à la biodiversité et dissuade aussi les voisins.

Que font les collectivités et comment participer ?

Le Plan national de Lutte coordonne les efforts. Les collectivités distribuent parfois des pièges sélectifs et informent les habitants. Des structures comme le Groupement de Défense Sanitaire des abeilles (GDSA 35) accompagnent les apiculteurs et distribuent des conseils pratiques.

Si vous observez un comportement massif de predation près de vos ruches ou un nid suspect, contactez votre mairie ou votre structure apicole locale. Ils peuvent orienter vos démarches et vous fournir du matériel adapté.

Conseils rapides — ce qu’il faut faire et éviter

  • À faire : utiliser pièges sélectifs, placer à 1,5–1,8 m, vérifier chaque semaine.
  • À éviter : les pièges bouteille, les appâts non sélectifs, l’abandon du piège plein.
  • Impliquer votre voisinage et signaler les nids aux autorités locales aide à limiter la propagation.

Le frelon asiatique est un redoutable prédateur. Mais vous pouvez agir. Agir au bon moment et avec le bon matériel change beaucoup de choses. Protéger les abeilles, c’est protéger notre alimentation et notre environnement.

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Auteur/autrice

  • Je suis journaliste culinaire et consultante en art de vivre, ancienne cheffe de partie au Ritz Paris et diplômée en cuisine gastronomique à Ferrandi. Depuis plus de quinze ans, j’explore le lien entre gastronomie, maison chaleureuse et bien-être au quotidien. Je me suis spécialisée dans les recettes accessibles mais précises, l’organisation de la maison et les conseils jardinage qui valorisent les produits frais. Passionnée par les animaux de compagnie et les traditions spirituelles populaires en France, j’aime relier ces univers avec pragmatisme. J’écris pour partager mon expérience concrète et aider chacun à créer un cadre de vie gourmand et apaisant.

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