Il pourrait être la pire menace pour nos abeilles — et pourtant il reste discret. Le petit acarien appelé varroa s’infiltre dans les ruches sans bruit. Si vous tenez à vos colonies, il est temps de comprendre pourquoi ce parasite inquiète tant l’apiculture charentaise et comment agir, tout de suite.
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Pourquoi le varroa est si redoutable
Le varroa est un acarien originaire d’Asie. Il se nourrit des larves et des adultes et transporte des virus qui affaiblissent les abeilles. Contrairement au frelon, on ne le voit pas à l’œil nu sur le rucher. On remarque ses dégâts seulement quand la colonie commence à décliner.
Sa force tient à son invisibilité et à la rapidité de multiplication. En quelques saisons, une infestation mal gérée conduit souvent à la perte d’une ruche. Beaucoup d’apiculteurs amateurs sous-estiment ce risque parce que les signes sont subtils au début.
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Ce que constatent les apiculteurs charentais
Les échanges locaux montrent un décalage inquiétant. Dans un sondage mené dans la région, seuls 13 % des apiculteurs attribuaient les mortalités au varroa. Pourtant, les études et les constats de terrain indiquent qu’il est responsable de plus de la moitié des pertes dans de nombreuses ruches.
Les apiculteurs voient aussi d’autres menaces: le frelon asiatique — pour lequel un plan national a été doté de 3 millions d’euros en 2024 — et les pesticides. Ces dernières années, des colonies mortes retrouvées devant la ruche après un beau jour de printemps ont révélé des traitements agricoles faits en plein vol des abeilles.
Suivre, détecter et agir: méthodes pratiques
La bonne nouvelle: des solutions existent. La clé, c’est le repérage régulier et l’action adaptée. Voici des méthodes simples que vous pouvez apprendre et appliquer.
- Contrôle par sucre (sugar shake) : prélevez environ 300 abeilles dans un pot, ajoutez 1 à 2 cuillères à soupe de sucre glace, secouez et comptez les acariens détachés. C’est non toxique et rapide.
- Lavage à l’alcool : pour un diagnostic plus précis, on utilise aussi 300 abeilles et 30–50 ml d’alcool à 70°. Cela tue les abeilles testées mais donne un chiffre fiable.
- Plaque collante : placez une planche collante sous la ruche pendant 24 à 72 heures pour estimer la chute naturelle des acariens.
- Méthodes mécaniques : l’enlèvement du couvain de mâles (bourdon) aide à réduire la reproduction du varroa.
Pour le traitement, il existe plusieurs familles de solutions: l’acide oxalique appliqué en période sans couvain, l’acide formique efficace même en présence de couvain, les produits à base de thymol en fin d’été, et certains acaricides synthétiques. Chaque produit a des conditions d’utilisation strictes. Respectez les notices, la période d’application et l’équipement de protection.
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Les seuils d’intervention varient selon la saison et la région. De manière générale, un suivi régulier vous permettra d’intervenir avant que la colonie ne faiblisse. Renseignez-vous auprès des services locaux ou d’un formateur pour connaître les seuils recommandés dans votre secteur.
La formation: l’arme la plus efficace
À Champniers, le rucher école a mis en place une session pour apprendre à diagnostiquer et traiter le varroa. Deux formateurs ont construit un parcours spécialement destiné aux apiculteurs débutants. L’objectif est clair: transmettre des gestes simples et sûrs.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. L’association locale compte 143 adhérents, allant de l’amateur passionné à quelques professionnels. Une vingtaine de personnes se sont inscrites aux récentes formations. Ce renouvellement est important: de plus en plus de jeunes s’intéressent à l’apiculture.
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Anne, qui a commencé il y a huit ans et possède treize ruches, illustre bien ce parcours. Elle produit du miel pour elle et pour ses proches. Pour elle, se former reste la meilleure façon d’apprendre à protéger ses colonies.
Ce que vous pouvez faire dès maintenant
- Inspectez vos ruches au moins toutes les deux semaines pendant la saison active.
- Apprenez une méthode de diagnostic (sugar shake ou plaque collante) et notez les résultats.
- Participez à une session au rucher école le plus proche pour apprendre les traitements et les gestes de sécurité.
- Consultez les recommandations locales avant toute application de produit. Respectez les doses et les périodes.
- Échangez avec vos voisins pour limiter les traitements en pleine journée qui nuisent aux abeilles.
Le varroa est discret, mais vous pouvez le rendre visible. En surveillant et en vous formant, vous protégez vos abeilles et la pollinisation de votre territoire. Agissez maintenant: vos ruches n’attendront pas.


